Vous ne pouvez pas m’accuser de vous refiler des tuyaux crevés sur le fondement d’une phrase coulée par quasi inadvertance dans un micro. L’histoire de l’Algérien de Guantanamo susurrée sur France Info, puis à peine entendue à la télé (France 2), a été consacrée en un discret encart dans ”Le Monde”, page 6 du numéro daté du 8 mai. Quand j’ai aperçu le mini-titre, je me suis dit : “Si c’est le Monde qui l’écrit, c’est du sérieux”. Une espèce de réflexe conditionné remonté du temps où, étudiant, nous étions fermement invité à boire cette potion. Il est vrai qu’entre-temps cette vénérable institution a dû se refaire plusieurs fois une santé financière avec le succès que nous savons. J’ai lu les quelques lignes, mais j’ai dû sacrément vieillir, je n’ai pas trouvé de réponse aux questions que je me posais dans un billet précédent. Alors, j’ai continué à feuilleter, quand on est dans un train long courrier, il n’y a que ça à faire, continuer à lire ce qu’on a, par nostalgie, faiblesse ou stupidité (temporaire), mais seulement pour 1,40 €, acheté en attendant l’affichage du quai. Je dis “long courrier”, parce que je suis allé à Lorient, et j’en suis même revenu, le tout pour 8 heures. Pour faire un aller-retour Paris-Lorient, j’aurais pu parcourir deux fois Paris-Lyon-Paris ou, plus intéressant par beau temps, une fois 1/3 Paris-Marseille-Paris. Je vais demander la définitition de la SNCF pour qualifier un train de TGV, parce que j’ai eu l’impression, avec les chiens qui dépassaient le wagon en aboyant à partir du Mans, que j’aurais dû louer un vél’lib. Lorient, vous le savez, ça vient de “l’Orient”. C’est moins chic que Bordeaux où l’on inaugure un machin sur l’esclavage, musée et centre de repentir. C’est qu’entre Nantes et Bordeaux, on y a gagné des sous. Je n’ai pas eu le temps de vérifier, mais je suppose qu’un volet sera consacré à la traite orientale, qui n’a rien à voir avec Lorient, mais avec la côte orientale africaine où, pendant quatorze siècles, les musulmans ont pratiqué la traite des noirs. Ils ont même oublié de se repentir. Remarquez, cela se comprend, l’esclavage “traditionnel” n’est toujours pas erradiqué en Mauritanie. Ce n’est pas faute d’avoir écoulé des lois et/ou décrets entre 2000 et 2008 pour tenter d’y mettre mauvais ordre. Vous allez vous dire que je suis anti quelque chose, mais j’ai pris mes précautions, j’ai lu les 492 pages de l’ouvrage de Malek Chebel : “L’Esclavage en Terre d’Islam”. D’autres en avaient parlé avant, par exemple un type qui s’appelle Delacampagne ; comment voulez-vous qu’on croie à son objectivité avec un nom tellement de chez nous ? On peut légitimement le soupçonner de médisance, de falsification de documents, d’anti autre chose, bref, une référence sujette à caution. Et encore, sujette à ferme plutôt qu’à caution, si je puis me permettre ce jeu de mots cruel. Sinon, bravo Malek ! il faut savoir apprécier. Vous feriez bien de le lire. Je n’ai pas encore trouvé d’ouvrage satisfaisant sur l’active participation de minorités visibles du continent africain à l’alimentation de l’esclavage pour leurs propres besoins puis pour ceux des affreux organisateurs des traites orientales et occidentales, mais cela viendra peut-être. Des tas d’allusions, oui, bien sûr, dans des récits. Un jour, dans “Le Monde” ? Il faudra qu’il se reprenne un peu en main, pour y parvenir. Pourtant, on y apprend des tas de choses, dans ce journal, voyez, page 7, à propos des japonaises qui trouvent que leurs mecs sont un peu ramollos en comparaison des daimyos et des samouraïs qui pouvaient leur coller des torgnoles ou les faire bénéficier d’un petit viol si elles étaient de classe inférieure, époque bénie au cours de laquelle la femme était tout juste bonne à travailler les champs pour les pauvres et à faire de la figuration avant de s’exiler dans un couvent (bouddhiste ou autre) quand les circonstances exigeaient ce geste exemplaire du fait de l’ouverture horizontale pratiquée par leur époux outre abdominaux pour éviter le déshonneur. Par bonheur, quelques unes ont réussi à écrire des oeuvres remarquables sans se mettre dans l’embarras, nous n’aurions pas le “Genji monogatari”. Ce qui est stupéfiant, c’est que l’époque nouvellement révérée par les gentes japonaises serait celle du “Japon troublé de la période dite des Royaumes combattants (de la deuxième moitié du XVe siècle au début du XVIIe siècle). Etc”. Ah ! là, vraiment, je me suis senti heureux : pour un scoop, c’en est un : la technologie de la transplantation des faits historiques dans le temps et dans l’espace est désormais au point hors jeux video. Mes profs à “Langue O” étaient des nuls, ils étaient manipulés par les études historiques imprécises, combien de bouquins déraillent…! A bien y réfléchir, cela ne fait pas mon affaire, je suis justement en train de bazarder une partie de ma bibliothèque, il faut que je vende vite fait, si cela se diffuse, mes bouquins sur l’histoire de la Chine et du Japon ne vaudront plus tripette pendant les cinquantes prochaines années et quand ces aberrations deviendront à la mode, il sera trop tard pour que j’en profite ! Il va falloir que je les mette dans un carton pour mes héritiers portant une pancarte : ” si vous voulez vous faire du pognon avec ça, n’ouvrez pas avant 2060″. Les chinois vont encore faire la gueule. On leur a déjà piqué les spaghettis, la poudre à canon, et des tas d’autres choses, maintenant l’époque des Royaumes combattants déplacée de dix-sept à vingt siècles ! Je vous l’annonçais, aujourd’hui c’est du solide ! Du solide aussi, ce que je vous racontais à propos de la Société Générale, les pertes “à suivre”. Mais tout va changer, l’ancien directeur général devient pdg, on ne change pas une équipe qui perd. Ou bien, c’est qu’il n’y avait pas d’équipe. La seule chose scandaleuse, dans cette histoire, c’est l’âge du promus. Vous rendez-vous compte : “à seulement quarante-cinq ans” ! sous-titrait Les Echos”. C’est vrai, à quarante-cinq ans, il a tout au plus vingt-vingt deux/trois ans d’expérience. Alors qu’un type qui sort de la fac ou de l’école de commerce doit avoir cinq ans d’expérience avant d’en acquérir une. C’est du népotisme – d’accord, je retire le mot, il provient d’une ancienne pratique papale et, avec Benoît XVI, même des cathos préfèreraient que ça ne se reproduise pas. Parlons donc de clientélisme, ça fait plus marketing. Le problème, c’est qu’à trente ans d’expérience, on approche de la date de péremption, le créneau est étroit. Il a intérêt à bosser dur pour prouver que l’avenir lui appartient, pas le passé. Il faut qu’il se mette rapidement au courant, qu’il écoute BFM le matin pour apprendre l’ultramarin atlantique, s’enquérir de ce que maintenant on fait du business “machine to machine” comme disait un représentant de Schneider pendant une émission “Good morning business”, le 5 mai. Voilà, c’est la machine qui vend à la machine, pas étonnant que le chômage explose. Et pour la rentabilité, ce n’est pas une réussite, “machine à machine” aurait économisé une lettre, ce qui aurait augmenté le seuil de rentabilité de 6.2%. Le fringant pdg “quarante-cinq-entenaire” n’y apprendra certes pas le français, ou alors le new français, parce que ce matin, on nous contait à 8h00 moins quelques secondes que “cenzenfants” sri lankais je ne sais plus quoi, ça m’a perturbé, je n’ai pas entendu la suite. Il y a des morceaux de phrase qu’on n’entend pas, quelque fois. Allez, quittons l’esclavage traditionnel pour l’esclavage moderne. J’ai failli l’oublier à cause de l’histoire d’Albanel et de la liberté de penser. Yazid Sabeg pourrait nous aider à le comprendre, mais son rapport provoque des diatribes : des minorités visibles veulent l’être, des minorité visible ne veulent pas l’être, des minorités invisibles veulent le rester, des minorités invisible veulent être vues. Ce serait encore pire si on demandait à chacun s’il se sent visible ou pas, s’il veut être visible ou pas, et en fonction du résultat, publier des statistiques complètement faussées. Enfin, bref, dans ces catégories, des tas de gens recontrent des problèmes de discrimination, comme beaucoup de femmes, d’ailleurs, qui sont aussi généralement visibles, et d’homosexuel, mais nombreux sont ceux qui trichent parmi ces derniers, surtout quand ils sont pères ou mères de famille, on ne s’en aperçoit pas toujours, c’en est malhonnête, ceux qui veulent leur casser la tête finissent par se taper entre eux. On publie bien que la population est composée à X% de mâles et Y% de femelles (Bon Dieu ! pourvu que je n’ai pas inversé les chromosomes…). En réalité, la seule chose intéressante, c’est de savoir ce qui serait répondu aux questions : vous sentez-vous Français ? Si on en reste là, c’est fichu, il faut poursuivre : Si “oui”, comment concilier-vous ce sentiment avec le fait d’être visible ? Si “non”, que comptez-vous faire ? Si “oui et non”, pourquoi “Oui” (dressez la liste), pourquoi “Non” (Idem). En Grande-Bretagne, je peux vous assurer que le résultat d’un sondage de ce genre a salement décoiffé. Comment ? Cherchez sur Internet, je ne vous donne pas les mots-clé (composé sur “clins-d’oeil”, ce qui fait controverse), ce serait moins ludique. Bon ! demain ou après-demain, vous allez souffrir, je vais vous décortiquer ce que le Medef pense du rapport Cotis. Cela ne vous dit rien ? Dommage, plus de pensée unique. Après cette avalanche d’observations, vous avez sans doute envie de vous échapper. Eh bien ! allez à Lima, capitale du Pérou, des perroquets multicolores volent au-dessus de l’eau contenue par les rives verdoyantes couverte de végétation tropicale en partie défrichée. Bizarre, hein ? Le monde change. Vous avez beaucoup à apprendre. Regardez la photo qui figure sur une page de la lettre d’information n°21 d’avril 2009 publiée par Flyingblue, d’Air France KLM. Ciel ! – pour rester dans la note – l’Amazonie a traversé les Andes, rendant une côte désertique verdoyante. Se plaindra-t-on du réchauffement climatique ? Oh ! serait-ce du marketing ?
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