J’avais laisé de côté mon blog car cela n’allait pas fort. L’article paru dans “Les Echos” de ce jour 5 novembre 2009 m’a “boosté” : “La dignité contre la burqa : paradoxes et contradictions”, signé par un membre du club des juristes qui s’appuie sur l’intégration à la Constitution de 1958 du Préambule de celle de 1946, chronique qui induit en conclusion : “C’est le tribut et peut-être l’honneur des démocraties de se vouloir impuissantes à régir les manières dont chacun dispose de son corps lorsqu’il ne s’inflige pas d’atteintes irréversibles”. En conséquence, rien ne fonde l’interdiction de la burqa, même s’il y a un doute sur la volonté propre de celles qui la portent de la porter. J’avais un célèbre professeur de droit qui s’amusait à nous dire que “le droit rend l’esprit tordu”. Peut-on traiter un tel sujet par dessous la jambe ? Car enfin, il existe plusieurs plans : le droit de se mettre sur le visage ce que l’on veut ? Dans tous les espaces publics ? Je reviens sur ce que j’ai déjà écrit : chacun peut-il se balader dans la rue, entrer dans une gare, dans un bureau de Poste qui conserve des espèces, etc. le visage couvert d’une cagoule ? L’identification des traits du visage ne fait-il pas partie des droits des autres, indépendamment de la nécessité de mettre à la poubelle illico tous les systèmes de video surveillance ? Désolé, je ne me sens pas en sécurité avec autour de moi des personnes dont je n’aperçois pas les traits. De plus, à notre époque bénie des attentats suicides, auquels ont participé des femmes au visage bien couvert, encore moins, d’autant plus que rien ne prouve qu’il s’agit d’une femme . D’autre part, que je sache, notre Constitution est également laïque et la burqa est un attribut prétendument religieux : j’écris “prétendument”, car aucun verset du Coran n’appuie la disparition de la face des femmes. Ce que des factions racontent à partir d’élucubrations est autre chose. Je rappelle à tous ceux qui l’on oublié que le Coran lui-même définit l’islam comme étant ce qui est défini dans le Coran, et non ce qui a été échaffaudé par la suite. Doit-on, en tant que démocratie, accepter que les horaires des piscines publiques soient tronçonnés pour permettre à des musulmanes de se baigner entre femmes comme l’a accepté une municipalité ? Et accepter de ne se faire soigner que par un médecin femme ? Ce dernier cas est d’ailleurs “la meilleure”, quand on se penche sur la pratique médicale de plusieurs pays musulmans : compte tenu du nombre de femmes médecins qui y exercent, il vaut mieux, en effet, que les femmes se fassent soigner en Europe de culture chrétienne, quitte une fois qu’on y est accueilli, à revendiquer un médecin femme, ben voyons ! (Pour l’Europe, il faut bien préciser, à cause de l’Albanie, de la Bosnie et de la Turquie d’Europe). L’auteur de la chronique serait bien inspiré de disserter sur la burqa et la laïcité et, allant un peu plus loin, de méditer les versets 30 et 31 de la sourate 24 et le verset 59 de la sourate 33. Encore devra-t-il lire quelques analyses de musulmans qui estiment qu’il y a confusion sur le sens ancien de “voile”, et qu’il réfléchisse au fait que si la femme doit rabattre un voile – qui était un grand manteau – lorsqu’elle sortait, c’était pour se protéger du regard libidineux des hommes – ce sont eux les coupable, voir S24, v.30, mais c’est la femme qui est contrainte ! On nage en pleine démocratie ! Alors, pour le droit, où est passé la laïcité ? D’un autre point de vue, qu’en est-il du droit à la sécurité ? Pour la religion, entérinerons-nous des recommandations – car il ne s’agit pas de prescription - qui imposent à la femme innocente et non à l’homme qui est le coupable ? Quant à la liberté de choix, va-t-on par juridisme faire semblant de croire qu’il y a liberté là où la pression familiale et sociale appuyée sur le Coran donne le pouvoir à l’homme sur la femme ? Dans le droit des contrats, l’inégalité des deux contractants, si elle est écrasante, n’entraîne-t-elle pas le risque que le juge annule ou atténue des effets de la clause. Le distributeur Leclerc a-t-il été condamné à restituer à ses fournisseurs plus de deux cent milllions d’€ parce que ses contrats était invalides quant à la lettre ? Non, ils étaient léonins, ce qui n’est pas la même chose.
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